Face aux plaintes d’éblouissement le Royaume-Uni engage une réévaluation des phares LED
Publié le 2 février 2026
Face à la multiplication des plaintes d’usagers signalant un éblouissement provoqué par les phares des véhicules, le gouvernement britannique a lancé un réexamen officiel du phénomène. L’étude doit éclairer les causes techniques et les pistes de régulation.
Les autorités britanniques se saisissent désormais d’un sujet devenu récurrent : l’éblouissement provoqué par les phares, en particulier ceux équipés de LED, dont la lumière plus blanche et concentrée rend la conduite nocturne plus difficile pour de nombreux automobilistes. Plusieurs témoignages recueillis dans différents comtés rapportent des situations de gêne visuelle sévère, parfois telles que certains conducteurs déclarent éviter la conduite de nuit.
Selon les personnes interrogées, les phares très lumineux peuvent « aveugler pendant plusieurs secondes », forçant parfois les automobilistes à détourner le regard ou à se fixer sur le bord de la route. Pour les conducteurs âgés, la difficulté est accrue : le temps de récupération après un éblouissement peut atteindre plusieurs secondes, contre une seconde seulement chez de jeunes conducteurs.
Une réaction officielle : enquête en cours et stratégie à venir
Une étude commandée par le Department for Transport (DfT) doit être publiée prochainement. Elle porte sur les « causes et impacts de l’éblouissement » et s’inscrira dans la future stratégie de sécurité routière du gouvernement.
D’autres travaux complémentaires sont envisagés : ils concernent cette fois la conception des véhicules, afin de déterminer l’influence de la hauteur des phares, du faisceau émis, des réglages ou encore des technologies embarquées. Ces éléments doivent alimenter les discussions internationales et l’évolution des normes de sécurité.
Les autorités confirment également le renforcement de la surveillance du marché, notamment pour lutter contre la vente d’ampoules LED de remplacement non homologuées. Ces dispositifs, lorsqu’ils sont installés dans des optiques conçues pour des ampoules halogènes, sont incompatibles avec l’homologation et peuvent faire échouer le contrôle technique (MOT).
Des problématiques techniques identifiées
Les spécialistes interrogés soulignent plusieurs facteurs :
- • l’intensité lumineuse accrue des LED, dont le faisceau plus directionnel diffère largement des halogènes traditionnelles ;
- • le réglage inadéquat de l’assiette des feux, notamment dans les véhicules chargés ;
- • la hauteur des optiques sur les SUV, qui modifie l’angle d’incidence sur les automobilistes venant en sens inverse ;
- • l’efficacité variable des systèmes automatiques de commutation des feux de route ou des dispositifs adaptatifs de correction.
Certaines technologies permettent d’atténuer l’éblouissement, mais leur réactivité n’est pas toujours jugée suffisante. Les conducteurs rapportent une difficulté croissante à interpréter les signaux lumineux, notamment pour déterminer si un appel de phares leur est adressé.
Un impact ressenti sur la sécurité et les comportements de conduite
Une enquête menée par l’organisation RAC indique que plus d’un tiers des automobilistes britanniques appréhendent davantage la conduite à l’approche de l’hiver, période où la nuit tombe plus tôt. Trois quarts d’entre eux estiment que l’éblouissement rend la conduite plus difficile.
Les données disponibles montrent environ 250 accidents par an impliquant l’éblouissement, sans démontrer une hausse corrélée à la généralisation des LED. Toutefois, le RAC relève un effet indirect préoccupant : certains conducteurs renonceraient à conduire la nuit, avec des répercussions sur leur mobilité et leur autonomie.
Premières recommandations pour limiter la gêne
En attendant les conclusions officielles, plusieurs conseils de base sont rappelés par les organisations spécialisées :
- • maintenir le pare-brise propre ;
- • entretenir régulièrement les lunettes correctrices ;
- • éviter de fixer directement les phares et privilégier le bord droit de la chaussée ;
- • ne pas utiliser de « lunettes de nuit », qui diminuent la lumière globale sans réduire l’éblouissement.
(Source : BBC News)
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