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Etude - Analyse / Société – Usages - Consommation

Le risque social du véhicule électrique ?

Selon Carlos Tavares, président du groupe Stellantis (qui regroupe les constructeurs PSA et Fiat Chrysler), "la brutalité du changement crée un risque social".

Dans le cadre d’une interview accordé au quotidien Les Echos du 19 janvier, Carlos Tavares exprime que le fait de proposer des voitures neuves à un prix proche de 30 000 € peut présenter le risque d’exclure les classes moyennes pour lesquelles l’accessibilité du marché du neuf deviendra difficile. Il précise que ce sont les technologies nouvelles qui font monter les prix et plus particulièrement la technologie électrique qui serait 50 % plus chère que le moteur thermique.

Si Stellantis met tout en œuvre pour répondre à la loi et se battre pour être le meilleur face à ces obligations de transition énergétique, Carlos Tavares insiste toutefois sur le fait que l’électrification est la technologie choisie par les politiques et non pas par les industriels, considérant qu’il y avait des méthodes moins chères et plus rapides pour réduire les émissions. Ainsi, une telle imposition de l’orientation et des règles par les pouvoirs publics ne laisse pas le temps aux constructeurs d’automobiles d’être créatifs pour apporter d’autres solutions. 

L’important aujourd’hui est donc de parvenir à baisser ce surcoût en essayant d’atteindre des 10 % de gains de productivité en moyenne par an, alors que pour l’industrie automobile, notamment en Europe, ce gain est généralement de 2 % et 3 %. Ceci pourrait mettre en très grande difficulté certains constructeur qui pourraient de ce fait disparaitre. 

Il s’interroge également sur les réels résultats qui seront obtenus dans 10 ou 15 ans en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie d’une voiture électrique. Cela concerne la production d’électricité via l’énergie nucléaire, l’empreinte carbone de la batterie qui nécessite qu’un véhicule électrique roule 70.000 km pour compenser et commencer à creuser l’écart avec un véhicule hybride léger qui coûte moitié moins qu’un véhicule électrique. 

La question est donc de savoir s’il est préférable de faire rouler des voitures hybrides thermiques très performantes, abordables financièrement et qui apportent un bénéfice carbone immédiat, ou des véhicules 100 % électriques que les classes moyennes ne pourront pas se payer, tout en demandant aux Etats de continuer de les subventionner ? 

Face à l’interdiction de la vente de véhicules thermiques à partir de 2035 en Europe, il va falloir commencer à transformer toutes les usines très rapidement. Mais cela concerne aussi tout l’écosystème de sous-traitants. Sans transition progressive, les conséquences sociales seront majeures.

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Laurent Hecquet, directeur général du MAP répondait sur ce sujet au micro de Wendy Bouchard dans l'émission "Ma France" sur France Bleue.

Pour écouter l'intervention cliquer sur le lecteur.  

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