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Régulation du trafic dans les villes : ZFE ou péage urbain ?

« Le système des ZFE est une énorme machine à gentrifier encore plus les centres-villes, à fracturer les territoires et la population. C’est une erreur majeure de diagnostic et une très mauvaise solution pour répondre au problème. »

C'est le point de vue exprimé par Jean Coldefy, Directeur du programme mobilité 3.0 au sein d’ATEC ITS France, dans le cadre du Webinaire du MAP du 22 septembre sur le thème du parc roulant français et son évolution. 

Prévu dans la LOM, le dispositif ZFE doit se généraliser, permettant aux collectivités territoriales d’adapter localement, en fonction des enjeux et des besoins, le trafic routier pour limiter les émissions polluantes et plus particulièrement les Nox et les particules.

Mais ce système, pensé pour agir sur l’ensemble des véhicules en circulation en régulant le trafic mais aussi pour accélérer le renouvellement du parc, notamment par l’exclusion des centres villes des plus vieux véhicules et des véhicules diesel, est-il une bonne solution ?

Pas pour jean Coldefy qui considère que pour améliorer la mobilité dans les centres urbains et réduire l’emprise de la voiture, l’urgence, face aux enjeux climatiques et de santé publique, est de développer en 10 ans une offre alternative encore inexistante. 

Mais comment assurer le financement d’une telle offre sans avoir recours à l’augmentation de la dette ou à l’augmentation des impôts ? 

En imaginant un péage urbain pensé pour ne pas punir la voiture mais avant tout pour dégager des moyens de financement au service du développement d’un package mobilité indispensable pour assurer la connexion entre les centres des villes et leurs périphéries. 

Ce système de péage urbain léger et non dissuasif, de 1 ou 2 euros par jour, est déjà pratiqué dans les pays scandinaves depuis 30 ans et fonctionne parfaitement.  Ainsi, une ville comme Oslo qui compte 1,5 millions d’habitants applique un péage d’1 euro par jour depuis 1990 qui lui procure une recette annuelle de 300 millions d’euros consacrée à son offre mobilité, dont 60 % sont affectés au transport en commun, soit 180 millions.

Avec, par exemple, l’exonération des deux premiers déciles de revenus, Jean Coldefy estime que cette forme serait beaucoup plus juste que les mesures d’interdiction qui vont surtout toucher les ménages les plus faibles économiquement qui n’ont pas forcément les moyens de changer de voiture. De plus cela accélérerait la mise en œuvre de solutions alternatives en s’assurant d’une véritable équité sociale et territoriale. Et celui-ci d’ajouter qu’en se déplaçant à leur travail autrement que par la voiture (50 à 60 % des distances parcourues) les ménages récupéreraient du pouvoir d’achat (200 à 300 euros par mois) et consacreraient moins de temps dans les déplacements

Des arguments pour le moins séduisants et qui ont le mérite de remettre en cause, voire d’ébranler des convictions fortes à l'encontre d'un péage urbain souvent décrit comme anti-social et forcément sélectif, à l’image de ce qui se pratique par exemple à Londres.

Car, en toute logique, en parvenant ainsi à collecter, sans douleur et sans risque social, les moyens de financement nécessaires à un développement rapide d’une offre de mobilité alternative, le trafic dans les villes se régulera et se fluidifiera progressivement et tout naturellement.

Alors la carotte ou le bâton ou un peu des deux ? C’est toute l’alchimie que doivent trouver les pouvoirs publics pour ne pas opposer mais parvenir à responsabiliser l’ensemble des acteurs en commençant par les usagers eux-mêmes. 

C’est pourquoi le MAP, l’observatoire des experts le da mobilité, ne peut que relayer, promouvoir et s’associer à cette idée de bon sens qui, par une taxation forfaitaire très faible de l’usage, intègre intelligemment l’usage de la voiture dans le financement des mobilités, afin de permettre aux AOM (autorités organisatrices de la mobilité), sans attendre tout de l’Etat, de trouver les moyens pour déployer des offres de report modal et de transport en commun adaptées aux réels besoins des populations résidentes. 

Extrait vidéo de l'intervention de Jean Coldefy lors du Webinaire du MAP 

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Revivez le Webinaire du MAP du 22 septembre sur le thème du parc roulant français et de son évolution en cliquant sur l'image

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